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Guide OCPP pour l'Électrification des Flottes en 2026

Découvrez ce qu'est l'OCPP et comment sa version 2.0.1 évite la dépendance technologique (vendor lock-in), garantit l'interopérabilité et optimise le TCO de votre flotte électrique.

Sommaire

  1. Qu'est-ce que l'OCPP ? Radiographie technique de la norme moteur de l'interopérabilité
  2. Contexte financier : le véritable TCO et la fin du Vendor Lock-in
  3. Réglementation européenne AFIR et Accords de Niveau de Service (SLA)
  4. Pourquoi exiger l'OCPP 2.0.1 pour les Poids Lourds et les VUL
  5. L'OCPP en France : Présent et Futur
  6. Monétisation des flottes : Smart Charging, Plug & Charge (ISO 15118) et V2G
  7. Conclusion : Contrôle stratégique et excellence opérationnelle avec Swish
Video OCPP France

1. Qu'est-ce que l'OCPP ? Radiographie technique de la norme moteur de l'interopérabilité

L'OCPP (Open Charge Point Protocol) est un protocole de communication et d'application open source, standardisé et neutre vis-à-vis des fabricants, qui agit comme le langage universel pour l'infrastructure de recharge des véhicules électriques.

Ce protocole repose fondamentalement sur un modèle d'architecture client-serveur robuste, établissant un canal de communication constant et bidirectionnel qui permet l'échange de données en temps réel pour les autorisations, le traitement des transactions et la surveillance de l'état du réseau.

Dans cette architecture, le protocole définit deux rôles principaux qui séparent clairement les fonctions du matériel physique de celles du logiciel de gestion :

  • Le Client (Charge Point) : Il s'agit de la borne de recharge physique elle-même, où le véhicule électrique se connecte pour recevoir de l'énergie. Dans la topologie OCPP, le point de charge agit comme le client qui initie la connexion et communique avec le système central. Sa fonction est de fournir des informations en temps réel sur la disponibilité de ses connecteurs, l'état des sessions de recharge actives et la consommation d'énergie via les relevés des compteurs.
  • Le Serveur (CPMS - Charging Point Management System ou Central System) : C'est la plateforme de supervision centrale ou le backend (généralement exploitée en tant que service cloud SaaS). Le CPMS agit comme le "cerveau" qui contrôle et supervise l'infrastructure.

En fonctionnant sous ce modèle strict, l'OCPP dissocie le matériel (l'équipement qui fournit l'électricité) de la plateforme logicielle qui le gère. Cela constitue la base technique de l'interopérabilité dans l'industrie, car cela élimine la dépendance à un seul fournisseur (vendor lock-in) et permet aux opérateurs de créer des réseaux à grande échelle en mélangeant des bornes de recharge de divers fabricants, toutes orchestrées par un serveur central unifié.

1.1. Transmission des Données : De SOAP à JSON via WebSockets

L'écosystème de la recharge a connu une évolution technique radicale pour pouvoir se déployer à l'échelle mondiale, et le changement du langage de transport des données a été fondamental.

Caractéristique technique OCPP 1.5 (Obsolète) OCPP 1.6J (Standard actuel) OCPP 2.0.1 / 2.1 (Le futur)
Transmission de données SOAP sur HTTP (XML lourd) JSON sur WebSockets (Léger et bidirectionnel) Tunnel de transport direct pour la norme ISO 15118
Diagnostic et maintenance Messages d'erreur génériques Supervision stable et éprouvée Device Model : diagnostics ultra-précis et maintenance prédictive
Expérience utilisateur Authentification externe requise Utilisation via applications et badges RFID Plug & Charge : brancher et charger de manière automatique et chiffrée
Impact financier (TCO) Coûts élevés liés aux retards et à une connectivité instable Fonctionnement fiable qui assure la continuité opérationnelle de la flotte Intègre la charge bidirectionnelle (V2G) pour monétiser la flotte et réduire le TCO

Dans ses versions initiales (OCPP 1.5), le protocole dépendait de SOAP sur HTTP en utilisant des messages codés en XML. Le format XML est volumineux et lourd, ce qui le rendait inadapté aux bornes de recharge fonctionnant sur des réseaux cellulaires à faible bande passante ou avec une connectivité instable, entraînant des retards et des timeouts dans la communication.

De plus, cette architecture basée sur SOAP exigeait que la borne de recharge et le serveur central (CPMS) acceptent les connexions entrantes. Cela obligeait les opérateurs à effectuer des configurations réseau extrêmement complexes, telles que l'ouverture de ports, l'attribution d'adresses IP publiques, la gestion de pare-feu et le NAT (Network Address Translation), entravant grandement l'évolutivité de l'infrastructure.

Pour surmonter ces goulots d'étranglement, l'industrie a révolutionné la norme en introduisant JSON (JavaScript Object Notation) sur WebSockets, souvent appelé OCPP-J. JSON est un format d'échange de données beaucoup plus léger, flexible et lisible qui réduit considérablement la consommation de données et améliore les capacités de diagnostic du système. L'avantage des WebSockets est qu'ils fournissent une communication bidirectionnelle persistante (full-duplex) via une connexion TCP qui reste ouverte en permanence. Sur le plan opérationnel, cela signifie que le serveur (CPMS) peut "pousser" (push) des commandes immédiatement vers le chargeur.

1.2. Device Model (OCPP 2.0.1) : Diagnostics et maintenance prédictive

L'OCPP 2.0.1 révolutionne cette architecture en abandonnant l'ancienne approche pour introduire un Device Model (Modèle de Dispositif) rigoureusement structuré en trois niveaux logiques : Station de charge > EVSE > Connecteur. L'EVSE (Electric Vehicle Supply Equipment) désigne le composant intelligent à l'intérieur de la station qui gère la sécurité, contrôle le flux de courant et protège contre les surcharges. Ce n'est pas le "chargeur" en soi, mais l'équipement qui facilite la charge vers le chargeur interne de la voiture.

Composants et Variables : Au sein de cette nouvelle hiérarchie, chaque élément physique ou logique du matériel est défini comme un Composant (par exemple, un capteur de température, un ventilateur de refroidissement ou un lecteur de badges RFID) qui possède des Variables spécifiques et mesurables (comme les degrés Celsius ou les tr/min).

Sur le plan opérationnel, ce modèle de données structuré sous la forme "Composant > Variable > Attribut" confère au serveur central (CPMS) une sorte de "vision à rayons X" sur les pièces internes du matériel. Grâce à des messages spécifiques, le serveur peut désormais consulter l'état exact et configurer les pièces internes en temps réel. Cette capacité transforme complètement la gestion de l'infrastructure : au lieu de recevoir un message d'erreur générique, le système permet des diagnostics ultra-précis (comme la détection d'un "défaut de verrouillage du Connecteur 1").

De plus, il facilite la mise en œuvre d'une maintenance prédictive. Par exemple, le serveur peut configurer des alertes pour que la station signale automatiquement si un composant interne dépasse 60 degrés, permettant aux opérateurs d'anticiper les pannes critiques, de minimiser le temps d'inactivité des bornes et de réduire drastiquement les coûts de maintenance in situ.

1.3. Cybersécurité B2B : Profils de protection pour les infrastructures critiques

À mesure que les bornes de recharge s'intègrent plus profondément au réseau électrique, elles sont devenues une infrastructure critique. Pour la protéger contre les cybermenaces, le protocole OCPP a intégré des profils de cybersécurité obligatoires et très stricts, en particulier à partir des versions 2.0.1 et 2.1. Cette architecture de sécurité s'organise en trois niveaux de maturité progressive :

  • Profil 1 (Non sécurisé - Unsecured Transport) : Il s'agit d'une authentification de base utilisant des mots de passe transmis en texte clair sans cryptage. Il est totalement interdit et déconseillé pour les déploiements de production sur des réseaux non fiables (comme l'internet public), compte tenu de sa très grande vulnérabilité aux interceptions de réseau, à la manipulation de données ou aux attaques d'usurpation d'identité.
  • Profil 2 (TLS + Basic Auth) : C'est la base de référence pour la plupart des déploiements commerciaux actuels. Il chiffre les données en transit à l'aide du protocole cryptographique TLS (Transport Layer Security) et authentifie le serveur via des certificats. Cela protège le système contre les attaques de l'homme du milieu (Man-in-the-Middle) et les écoutes clandestines.
  • Profil 3 (mTLS + Signatures Numériques) : Il représente le niveau maximal de protection dans l'OCPP 2.0.1 et 2.1. Il exige une authentification mutuelle (mTLS) utilisant une infrastructure à clé publique (PKI), ce qui nécessite que la borne possède des certificats côté client pour vérifier mutuellement l'identité avec le serveur, éliminant ainsi complètement l'utilisation de mots de passe. De plus, il intègre des signatures numériques dans les messages qui garantissent leur intégrité et leur non-répudiation, assurant qu'aucune instruction n'a été altérée. En raison de son extrême robustesse, c'est la norme indispensable pour les réseaux de haute sécurité, les intégrations critiques avec le réseau électrique et les flottes d'entreprises.

2. Contexte financier : le véritable TCO et la fin du Vendor Lock-in

Tant pour les DAF que pour les gestionnaires de flotte, il est crucial de comprendre que l'infrastructure de recharge n'est pas un simple achat de matériel, mais l'acquisition d'un service à long terme et d'un actif informatique qui opère à l'intersection de la distribution d'énergie, des télécommunications et des logiciels avancés.

L'ampleur de cette infrastructure se reflète dans la croissance explosive des systèmes de gestion centralisée. Le marché mondial des plateformes OCPP a atteint 1,32 milliard de dollars en 2024 et devrait connaître une croissance accélérée pour atteindre 11,54 milliards de dollars en 2033, porté par un taux de croissance annuel composé (TCAC) de 26,7 %. Actuellement, l'Europe mène cette adoption, concentrant plus de 38 % des revenus mondiaux du secteur.

2.1 Le risque du Vendor Lock-in

Un point de défaillance systémique critique dans les premiers déploiements de recharge a été la création d'actifs échoués (stranded assets). Cela se produit lorsque du matériel de recharge entièrement fonctionnel, ayant coûté des milliers d'euros, devient complètement inopérant parce que le fournisseur du réseau propriétaire fait faillite, cesse ses activités ou augmente arbitrairement les frais d'abonnement logiciel à des niveaux exorbitants. Les entreprises qui n'exigent pas de normes ouvertes courent le risque élevé d'être piégées avec un seul fournisseur (vendor lock-in), perdant ainsi le contrôle de leurs propres actifs.

Pour atténuer de manière permanente ce risque financier massif, l'industrie a adopté le protocole OCPP. Cette norme ouverte est le seul mécanisme conçu pour dissocier le matériel physique de la couche logicielle du réseau. En exigeant un matériel "agnostique" et compatible OCPP, les entreprises conservent le contrôle total de leurs opérations et de leurs budgets d'exploitation (OPEX).

Si un opérateur de réseau logiciel offre de mauvaises performances ou modifie radicalement ses prix, la norme OCPP donne le pouvoir légal et technique de migrer les bornes vers un fournisseur de réseau concurrent sans avoir à arracher, jeter ou remplacer le matériel physique. Cela élimine la dépendance à long terme vis-à-vis d'un seul fabricant et protège le Coût Total de Possession (TCO) de l'infrastructure.

3. Réglementation européenne AFIR et Accords de Niveau de Service (SLA)

Poussé par le Règlement Européen AFIR (UE 2023/1804), il est légalement obligatoire que tous les points de recharge accessibles au public disposent d'une connexion numérique permanente permettant d'envoyer et de recevoir des informations en temps réel, ainsi que d'être surveillés et contrôlés à distance. S'appuyant sur cette télémétrie imposée par la loi, les appels d'offres publics et corporatifs européens imposent contractuellement de stricts Accords de Niveau de Service (SLA) avec des taux de disponibilité de 97 % ou plus.

Pour pouvoir auditer et appliquer légalement cette métrique, les contrats doivent exiger une granularité des données par intervalles n'excédant pas 15 ou 30 minutes, enregistrant non seulement le temps de fonctionnement de l'équipement, mais aussi le pourcentage de sessions réussies par rapport aux tentatives physiques de recharge. Toute panne doit avoir un délai de résolution contractuel absolu (généralement de 72 heures) et la charge de la preuve concernant les exceptions acceptables (comme les pannes de réseau ou le vandalisme) incombe strictement au fournisseur.

3.1 Clauses de violation substantielle (Material Breach) et cybersécurité européenne

Il ne suffit pas qu'un fournisseur affirme avoir du matériel "compatible OCPP". L'architecture juridique doit exiger des preuves empiriques via la Certification Officielle délivrée par l'Open Charge Alliance (OCA) alignée sur la norme internationale IEC 63584 (qui formalise l'OCPP), ainsi que le respect obligatoire des réglementations européennes sur les infrastructures critiques : la Directive NIS2, la Loi sur la Cyber-résilience (CRA) et la Directive RED (norme EN 18031).

Si le fournisseur perd sa certification OCA, ne respecte pas les délais de correction des vulnérabilités exigés par l'UE, ou exécute une mise à jour qui brise l'interopérabilité, le SLA doit définir cela explicitement comme une violation substantielle du contrat. Ce mécanisme juridique permet de déclencher des actions agressives, telles que la retenue des paiements mensuels, l'imposition de sanctions ou la récupération de la totalité des fonds déboursés.

3.2 Liberté de migration de réseau et itinérance (OCPI)

En phase avec les objectifs d'un marché européen ouvert, les appels d'offres doivent inclure de rigoureuses clauses de "Capacité de Changement de Réseau" pour protéger les entreprises contre les faillites ou les hausses de prix des fournisseurs de logiciels. Les contrats doivent garantir légalement que le matériel peut migrer vers un autre réseau de gestion en utilisant la norme Open Charge Point Interface (OCPI), facilitant également l'intégration avec les principaux hubs d'itinérance européens (comme Gireve ou Hubject) sans nécessiter la moindre altération physique des stations ni de demander des déblocages propriétaires. Cela garantit le droit fondamental de changer pour un opérateur concurrent sans que l'infrastructure ne devienne un actif échoué (stranded assets) ou n'entraîne des coûts de remplacement supplémentaires.

3.3 Mécanismes punitifs

Le risque lié aux pannes du système est transféré opérationnellement au fournisseur via deux architectures financières principales :

  • Dommages-intérêts forfaitaires (Liquidated damages) : Ce sont des pénalités financières prédéterminées et punitives qui sont déduites directement des factures de réseau et de maintenance du fournisseur au prorata des jours d'inactivité de l'équipement, pouvant aller jusqu'à la résiliation totale du contrat et la saisie des cautions en cas de récidive.
  • Crédits de service (Service credits) : Ce sont des retenues rétroactives qui peuvent impacter directement la récupération des subventions européennes ou nationales (comme le programme ADVENIR en France), avec des réductions sévères et échelonnées (par exemple, de 15 %, à 50 % et jusqu'à 100 % de perte d'incitations si la panne n'est pas réparée après 72 heures).

Pour garantir leur recouvrement en cas d'insolvabilité, les équipes d'achat doivent exiger des Cautions de Bonne Fin (Surety Bonds) ou des Lettres de Crédit irrévocables, garantissant ainsi la liquidité immédiate pour prélever les pénalités ou financer le retrait de l'équipement défectueux sans recourir à des litiges prolongés.

4. Pourquoi exiger l'OCPP 2.0.1 pour les Poids Lourds et les VUL

Les versions modernes (2.0.1 et 2.1) introduisent des capacités architecturales fondamentales pour la viabilité technique et financière du projet. Comme nous l'avons vu précédemment, le Device Model (OCPP 2.0.1) marque la fin des erreurs génériques. Sur le plan opérationnel, cela fournit des diagnostics à distance ultra-précis, permettant aux opérateurs d'identifier les pannes au lieu de se contenter de messages d'erreur vagues.

De plus, il facilite la mise en œuvre de routines de maintenance prédictive : le système permet de s'abonner à la surveillance de variables spécifiques, telles que les tendances de la température interne des modules redresseurs, ce qui, selon les tests de l'industrie, peut réduire les temps d'arrêt des équipements de 35 % en prédisant la fatigue du matériel avant une panne critique, diminuant ainsi drastiquement les coûteux déplacements de techniciens sur site.

Dans les installations de recharge pour les flottes commerciales lourdes et de transport, qui dépendent d'infrastructures de recharge à très haute puissance et de Systèmes de Recharge Mégawatt (MCS), le passage aux nouvelles versions représente un avantage fondamental. La norme OCPP 2.0.1 prend en charge de manière native les entrées directes de Smart Charging (recharge intelligente) provenant d'un Système de Gestion de l'Énergie (SGE) externe.

Le changement fondamental réside dans la précision des données : alors que l'OCPP 1.6 limite les algorithmes de recharge intelligente en transmettant l'État de charge (SoC) du véhicule uniquement sous forme de pourcentage, l'OCPP 2.0.1 et 2.1 fonctionnent comme un tunnel de transport direct pour la norme ISO 15118 (Plug & Charge), permettant à la station de recevoir la quantité exacte d'énergie demandée par le véhicule en kWh. Grâce à ces informations détaillées, le système central (CPMS) ou le contrôleur local peut générer des profils de charge avec une logique complexe (différenciant les limites globales de la station des limites spécifiques d'une transaction). Cela est vital pour fournir des niveaux de puissance très élevés de manière orchestrée, optimisant l'efficacité du réseau local sans le saturer et éliminant le risque logistique de retrouver des véhicules commerciaux déchargés au début de leurs tournées.

5. L'OCPP en France : Présent et Futur

Aujourd'hui, la France se positionne comme l'un des pays leaders en Europe dans l'adoption de l'OCPP et dans l'interopérabilité de son réseau de recharge. Sa situation actuelle se caractérise par un modèle décentralisé piloté par un cadre juridique strict et un marché semi-ouvert.

5.1 Cadre juridique en France

Depuis 2017, l'interopérabilité des bornes de recharge publiques est une exigence légale en France, obligeant les opérateurs de points de recharge à ouvrir leurs réseaux sans discrimination. En 2021, des sanctions administratives ont été introduites pour ceux qui ne respectent pas ces règles. Bien que l'utilisation de l'OCPP ne soit pas strictement obligatoire par la loi, le gouvernement français encourage fortement cette norme pour améliorer la cohésion du système, en faisant un prérequis technique indispensable.

Par exemple, 90 % des appels d'offres publics en France exigent l'utilisation de l'OCPP dans leurs cahiers des charges. De plus, disposer de ce protocole est un critère valorisé pour obtenir les aides et subventions du programme français ADVENIR.

La France compte plus de 152 887 chargeurs publics. Les conducteurs peuvent accéder à des centaines de milliers de bornes compatibles OCPP dans tout le pays en utilisant une seule application mobile, facilitant grandement l'expérience utilisateur. De même, les plateformes d'itinérance comme GIREVE et Hubject jouent un rôle crucial pour connecter les opérateurs aux fournisseurs de services de mobilité (eMSP).

5.2 L'avenir de l'OCPP en France

L'avenir du protocole en France est marqué par des réglementations européennes plus strictes et par l'évolution technologique vers des réseaux électriques intelligents. Poussé par le règlement européen AFIR, un décret français stipule que l'itinérance (roaming) sera obligatoire pour tous les points de recharge publics à partir de 2027. Cela consolidera définitivement l'OCPP comme la norme incontournable dans le pays, même en l'absence d'obligation formelle directe.

Avec le lancement de la version 2.1 de l'OCPP en janvier 2025, l'avenir de la recharge en France s'oriente vers l'intégration native de la technologie bidirectionnelle (V2G). Cela permettra aux véhicules électriques de ne plus seulement consommer de l'énergie, mais d'en restituer au réseau, participant activement aux mécanismes d'équilibrage du réseau électrique français (géré par RTE).

Les futures infrastructures françaises basées sur les versions les plus récentes de l'OCPP permettront un couplage intelligent avec des panneaux solaires et des batteries de stockage, optimisant l'autoconsommation en temps réel et promouvant un écosystème de mobilité beaucoup plus efficace et durable.

6. Monétisation des flottes : Smart Charging, Plug & Charge (ISO 15118) et V2G

Pour réussir l'électrification commerciale, il est vital de changer la perspective traditionnelle : l'infrastructure de recharge doit cesser d'être perçue comme un centre de coûts pour devenir un actif générateur de revenus, tout en réduisant drastiquement les frictions opérationnelles pour les conducteurs.

Dans l'écosystème actuel, les conducteurs de flottes commerciales sont confrontés à un paysage fragmenté de réseaux de recharge, ce qui les oblige à jongler avec une multitude de badges RFID, d'applications mobiles propriétaires et de processus d'authentification qui échouent souvent en raison d'une mauvaise couverture cellulaire ou de problèmes techniques. Cette friction technologique est l'une des principales causes de résistance dans la gestion du changement vers les véhicules électriques.

6.1 Expérience utilisateur "Zéro-friction" avec le Plug & Charge

La solution définitive pour créer une expérience utilisateur "zéro-friction" réside dans la combinaison technologique du protocole OCPP 2.0.1 fonctionnant comme un tunnel de transport pour la norme ISO 15118. Ce duo active la technologie "Plug & Charge" (Brancher et Charger), permettant au véhicule électrique de s'authentifier automatiquement et cryptographiquement avec la borne de recharge à l'instant même où le câble est connecté.

En utilisant des certificats numériques cryptés et l'identifiant unique du véhicule (EVCCID), le système gère l'autorisation et la facturation de manière sécurisée en arrière-plan. Cela élimine complètement le besoin et le chaos opérationnel liés à l'utilisation de badges RFID, de lecteurs de cartes bancaires ou d'applications mobiles, offrant aux conducteurs commerciaux une expérience encore plus simple que de faire le plein de carburant traditionnel.

Le véritable changement de paradigme financier se produit lorsque l'on considère que la capacité agrégée des batteries d'une flotte commerciale dans un dépôt représente une ressource énergétique distribuée (DER) massive auparavant inexploitée. L'arrivée de la norme OCPP 2.1, avec son support natif de la norme ISO 15118-20, fournit le cadre technique pour le transfert d'énergie bidirectionnel (V2X et V2G). Cette capacité transforme les véhicules électriques, de consommateurs passifs d'énergie à des actifs de stockage d'énergie bidirectionnels.

Grâce à l'utilisation de la plateforme de supervision (CPMS), un "Agrégateur" peut regrouper la capacité de centaines de véhicules de la flotte pour fonctionner comme une Centrale Électrique Virtuelle (VPP). Cela ouvre de nouvelles lignes de revenus très lucratives pour les entreprises grâce à plusieurs modèles :

  • Arbitrage énergétique : Acheter de l'électricité pendant les périodes les moins chères (heures creuses ou forte production renouvelable), la stocker dans les véhicules et la revendre au réseau lorsque les prix de gros atteignent leur pic.
  • Participation aux marchés de services auxiliaires (Ancillary Services) : Étant donné que les flottes commerciales (comme les fourgonnettes de livraison ou les bus) ont des horaires et des temps d'inactivité très prévisibles, elles sont des candidates idéales pour fournir une flexibilité en temps réel aux gestionnaires du réseau de transport. L'agrégateur peut offrir la capacité de la flotte sur les marchés de gros d'équilibrage du réseau, tels que les réserves de restauration de fréquence automatique (aFRR) et manuelle (mFRR).

Grâce à l'arbitrage et aux services auxiliaires, les projets de recharge bidirectionnelle ont démontré qu'un véhicule peut générer des revenus annuels fiables allant de plusieurs centaines à plusieurs milliers d'euros, modifiant complètement l'équation du Coût Total de Possession (TCO) et transformant l'infrastructure de recharge en un écosystème financier autosuffisant.

7. Conclusion : Contrôle stratégique et excellence opérationnelle avec Swish

Le passage à l'électrification des flottes commerciales représente l'adoption d'un actif de services à long terme. Ignorer cette réalité est la principale cause de projets enlisés et d'actifs échoués. Le véritable leadership réside dans le maintien du contrôle stratégique sur l'énergie, l'infrastructure et les données.

Chez Swish, nous comprenons que la transition vers les normes du futur ne doit jamais compromettre la stabilité de vos opérations actuelles. C'est pourquoi notre proposition de valeur pour protéger votre Coût Total de Possession (TCO) repose sur trois piliers d'excellence opérationnelle :

  • Infrastructure hardware-agnostic prête pour l'avenir : Fidèles à notre valeur d'innovation, nous sélectionnons et installons des bornes de recharge de dernière génération qui sont déjà physiquement capables de supporter l'OCPP 2.0.1 et l'ISO 15118. Votre investissement (CAPEX) d'aujourd'hui est blindé pour les exigences de demain.
  • Fiabilité absolue avec SwiGo (SLA >98%) : Nous savons que dans la logistique et le transport, la disponibilité n'est pas négociable. Actuellement, notre plateforme de supervision intelligente SwiGo fonctionne sous la norme OCPP 1.6J, le protocole le plus stable, mature et éprouvé de l'industrie. Cette décision technique nous permet de tenir notre promesse de Fiabilité, en garantissant contractuellement des temps de disponibilité opérationnelle maximaux et en résolvant 80 % des incidents à distance grâce à notre équipe RUN.
  • Évolution Garantie et sans Friction via OTA (Over-The-Air) : Notre département Central System travaille en permanence à l'évolution de notre écosystème logiciel. Grâce à l'évolutivité de nos solutions clé en main, le passage de SwiGo à l'OCPP 2.0.1 se fera par des mises à jour à distance (firmware) au moment exact où la norme garantira le zéro défaut. Votre réseau évoluera automatiquement, sans interrompre vos opérations ni nécessiter le remplacement du matériel physique.

En vous associant à Swish, que ce soit via des modèles de financement CapEx ou OpEx, vous vous assurez un partenaire stratégique qui prend en charge la complexité technique. Quiconque privilégie la simplicité, la fiabilité actuelle maximale et l'innovation continue, ne décarbone pas seulement ses opérations de manière sécurisée, mais devient un leader de son secteur en atteignant une efficacité inégalée.

Prêt à électrifier votre flotte avec une fiabilité opérationnelle maximale ? Sollicitez un audit technique gratuit avec l'équipe d'experts de Swish.


Écrit par Mirko Baraldo

CTO chez Swish